Le système lymphatique : un allié méconnu

 Nous connaissons tous les grands systèmes qui composent notre organisme ; systèmes digestif, respiratoire, nerveux, sanguin, ou reproducteur par exemple.

Mais combien d’entre nous connaissent vraiment le système lymphatique ?

Bien sûr son nom ne nous est pas inconnu, mais qu’en est-il de sa composition , ou de son fonctionnement voire de son rôle ?

Pourtant il s’agit d’un acteur essentiel de notre santé ; alors, si vous le voulez bien partons à sa découverte !

Son anatomie 

naturo lymphe

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Le système lymphatique est un réseau complexe qui comporte des organes, des ganglions, des vaisseaux et un tissu particulier appelé tissu lymphoïde.

 On distingue deux sortes d’organes lymphoïdes :

 1) les organes primaires ou centraux dans lesquels a lieu la différenciation (fabrication) des lymphocytes. Il s’agit de la moelle osseuse et du thymus.

 a) la moelle osseuse rouge est située à l’intérieur des os. A l’âge adulte, ce sont les os plats et les os courts qui contiennent cette moelle rouge active. C’est dans celle-ci que se forment les cellules sanguines : on parle d’hématopoïèse. C’est là en particulier que prenne naissance les lymphocytes qui vont jouer un rôle important dans la défense immunitaire.

 b) Le thymus est un organe situé derrière le sternum et dans la trachée. Il diminue de volume après la deuxième année de vie. Le thymus sert de lieu de maturation aux lymphocytes T (variété de globules blancs jouant un rôle important dans la réponse immunitaire de l’organisme). Le but de cette maturation est d’apprendre à chaque lymphocyte T à reconnaître les agents agresseurs venant de l’extérieur sans risquer de les confondre avec les éléments propres de l’organisme.

 2) Les organes secondaires ou périphériques dans lesquels les lymphocytes sont mis en présence des antigènes et assurent la réponse immunitaire. Ce sont la rate, les ganglions lymphatiques, et les formations lymphatiques associées aux muqueuses.

 a) La rate est le plus gros des organes lymphatiques. Elle pèse environ 200 g ; elle est très vascularisée et se situe dans l’abdomen, juste sous le diaphragme à gauche de l’estomac.

C’est le seul organe lymphatique qui soit en contact direct avec la circulation sanguine. De cette façon elle peut produire des anticorps quelle que soit l’origine des agents pathogènes : toxines, bactéries, cellules étrangères, etc.

 b) Les ganglions lymphatiques sont le point de rencontre des vaisseaux lymphatiques. Ils sont répartis sur la circulation lymphatique mais ils sont regroupés en amas ou en chaîne.

On connaît ainsi les ganglions situés au-dessous de la mandibule, ou bien encore dans le cou, ou au niveau des aisselles ou de l’aine… Le rôle de ces ganglions est d’une part d’assurer la filtration naturelle et continue de la lymphe et d’autre part de permettre le contact direct entre les antigènes et les cellules de défense de l’organisme. C’est grâce à ce contact direct, que la réponse immunitaire peut être rapide.

 c) Les formations lymphoïdes associées aux muqueuses se situent principalement là où le contact avec le milieu extérieur est facile ; on les trouve donc associées soit aux muqueuses des voies aériennes soit aux muqueuses de l’appareil digestif.

Les plus représentatives sont les amygdales. Celles-ci sont réparties en quatre groupes.

Les plus grosses sont les amygdales palatines situées entres les piliers du voile du palais, de part et d’autre de la luette (appendice en forme de cône faisant suite au palais et situées en arrière de celui-ci, au milieu).

Les amygdales pharyngiennes sont situées à l’arrière fond des fosses nasales. C’est leur augmentation de volume qui est la cause des végétations adénoïdes.

Les amygdales linguales quant à elles sont situées à la base de la langue sur sa face dorsale.

Enfin, les amygdales tubaires sont situées autour des orifices de la trompe d’Eustache (conduit de nature cartilagineuse et osseuse, allant de la cavité située derrière le tympan jusqu’aux fosses nasales).

Les amygdales constituent une barrière à l’entrée des voies aériennes supérieures. Les bactéries et les particules emprisonnées dans les cryptes amygdaliennes traversent l’épithélium muqueux (couche de cellules recouvrant la surface des amygdales) et parviennent au tissu lymphatique où elles sont détruites dans la majorité des cas.

Par la suite, les cellules immunitaires composant le tissu lymphoïde gardent une mémoire des agents pathogènes (à l’origine de maladies) ; c’est ce que l’on appelle la mémoire immunitaire.

Son fonctionnement

 Contrairement à la circulation sanguine qui est activée par une pompe, la circulation lymphatique est très lente. La pression à l’intérieur des vaisseaux lymphatiques est très faible.

En fait, ce sont les contractions musculaires, les mouvements respiratoires et les pulsations des vaisseaux sanguins qui favorisent la lente progression de la lymphe.

Et pour éviter tout retour en arrière, les vaisseaux lymphatiques sont munis de valvules.

Les vaisseaux lymphatiques remontent depuis l’extrémité des membres inférieurs. Ils se dirigent vers la base du thorax et se réunissent dans la citerne de Pecquet. Celle-ci donne naissance au canal thoracique qui remonte en traversant le diaphragme. Il rejoint alors un tronc lymphatique aui a lui même collecté la lymphe dans le bras gauche et dans la moitié gauche de la tête. Il finit par s’aboucher à la veine sous-clavière gauche permettant ainsi à la lymphe de réintégrer la circulation sanguine. A droite la lymphe du bras et de la tête est collectée par un vaisseau lymphatique qui aboutit à la veine sous-clavière droite.

 Durant ce long trajet de retour, la lymphe traverse les ganglions lymphatiques depuis leur périphérie jusqu’à leur centre. Dans la périphérie des ganglions siègent les lymphocytes : ils sont donc mis directement en contact avec les antigènes et déclenchent aussitôt la réponse immunitaire. Ensuite, durant le cheminement vers l’intérieur des ganglions, la lymphe termine son épuration : destruction des toxines et des résidus de toute sorte. Et ainsi lorsque la lymphe regagne la circulation sanguine elle est parfaitement nettoyée.

 Malheureusement, il peut arriver que le fonctionnement du système lymphatique soit perturbé. Il peut y avoir un ralentissement extrême de cette circulation voire même un blocage. La lymphe s’accumule alors dans une partie du corps (souvent les membres inférieurs). On parle alors de lymphœdème. Cette accumulation de lymphe favorise le développement de bactéries produisant des poussées infectieuses et l’aggravation de l’œdème. On peut aussi observer une modification des tissus engorgés : la peau épaissit, il peut se former des amas graisseux et la production du collagène est stimulée ce qui provoque une fibrose cutanée.

Ce dysfonctionnement peut-être dû à une malformation du système lymphatique mais il s’agit d’une maladie rare.

Il est plus d’origine secondaire (traumatisme, insuffisance veineuse, présence de cellules tumorales, radiothérapie, curage ganglionnaire). Ainsi il n’est pas rare d’observer un lymphœdème des membres supérieurs après un cancer du sein. Ces lymphœdèmes secondaires sont en général réversibles.

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À propos

Je suis spécialisée dans la gestion du stress et l’accompagnement des femmes de 40 ans à la préménopause et ménopause, mais aussi des troubles féminins.

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