Une alternative à l’harpagophytum

naturo harpagophytum

La nature, grace à Dieu, nous a gâtée par des plantes prodigieuses, mais si nous ne prenons garde certaines disparaitrons complètement de notre planète ! Je vous avais déjà parlé de cela dans un article sur l’huile essentielle de Bois de Rose ici.

C’est pourquoi il est important de se sensibiliser et miraculeusement, certaines plantes alors en voie de disparation on leur homologue tout aussi efficace mais peu connu, et du coup peu conseillé et c’est le cas de la Scrofulaire noueuse et de l’Harpagophytum.

Harpagophytum procumbens, la griffe-du-diable, est un remède populaire surexploité qui risque de disparaître en milieu sauvage. Il est utilisé comme tonique, pour le traitement de l’arthrite et des rhumatismes, comme antipyrétique, contre les douleurs musculaires, pour réduire le cholestérol et sous forme de pommade externe pour le traitement des abcès et ulcérations. Il sert aussi à nettoyer le système lymphatique et à détoxifier le sang.

La griffe-du-diable vient d’Afrique australe, la Namibie en étant le principal exportateur. De janvier à août 2000, ce pays en a exporté un peu moins de 200 tonnes. Dix à quinze mille cultivateurs tirent la totalité de leurs revenus de la récolte de cette plante. En réalité, les prix actuels ne reflètent pas la véritable valeur de leur travail et en 24 ans ils ont diminué de 85 %. En 1998, un projet de récolte durable a été mis sur pied dans une exploitation en Namibie et la culture s’est rapidement étendue.

Mais l’utilisation massive de cette racine va bientôt provoquer un véritable désastre écologique (voir ci-dessous). Or il est possible de remplacer l’harpagophytum par un extrait fluide de scrofulaire (Scrophularia nodosa), un remède ancestral anti-inflammatoire (préparé selon les normes actuelles pour éviter sa toxicité) et cultivé en Europe.

L’année suivante, 10 210 kg de griffe-du-diable organique certifiée ont été récoltés, donnant à la population locale une source durable à un prix garanti. Cette pratique pourrait constituer la solution d’avenir si les usagers exigent que les fournisseurs offrent uniquement des produits certifiés.

Au-delà de ces questions je voudrais rappeler que l’harpagophytum est une plante qui ne pousse pas chez nous, et qui est en voie d’extinction. Sa surconsommation, liée à ses qualités thérapeutiques la met en danger de disparition. Or, il existe une plante bien de chez nous , qui n’est pas du tout, elle, en voie de disparition, et qui a des propriétés analogues,comme anti-douleur et anti-inflammatoire, mais également bien d’autres qualités, notamment pour ce qui concerne les cicatrisations . Il s’agit de la scrofulaire noueuse. (scrofularia nodosa)

Scrophularia nodosa ou « Scrofulaire noueuse » (parties utilisées : racines et sommités fleuries), une grande plante vivace bien de chez nous, présente surtout dans les lieux humides, absolument partout en France, à l’exception des zones très sèches du bassin méditerranéen (bien sûr !).

La scrofulaire contient de l’harpagoside, tout comme l’harpagophytum, et est donc une excellente alternative de ce dernier, d’autant plus qu’elle comporte d’autres composants très intéressants à de nombreux égards …

Un peu de botanique

La scrofulaire est une plante vivace herbacée de 50 centimètres à plus d’un mètre de hauteur. Originaire d’Europe, d’Asie centrale et d’Amérique du Nord, elle pousse à basse altitude dans des lieux incultes, humides et marécageux, au bord des chemins. Sa tige est rigide, pleine et robuste. Les feuilles larges, opposées et légèrement dentées, sont tronquées ou échancrées à la base en forme de coeur. Les fleurs, de couleur rouge-brun verdâtre, de petite taille et groupées en inflorescence, apparaissent entre juin et septembre. Le fruit est une capsule ovoïde contenant des graines. Seules les parties aériennes sont utilisées en thérapeutique.

Le nom latin de la scrofulaire vient du latin scrofulae, « scrofules » et de nodosa, en raison des nodosités de sa souche. Aux XVIe et XVIIe siècles, la scrofulaire était considérée comme le remède approprié pour traiter les scrofules, inflammation chronique des ganglions lymphatiques touchés par la tuberculose. Ce sont les fameuses écrouelles que le roi de France devait toucher pour les guérir. Ceci explique son autre nom, celui d' »herbe aux écrouelles ».

Principales propriétés pharmacologiques

Plusieurs espèces du genre Scrophularia sont réputées anti-inflammatoires. En France, la scrofulaire noueuse peut revendiquer des actions similaires à celles de la racine tubérisée d’harpagophytum en raison de la présence d’un certain nombre de composés identiques dans les deux plantes. Ce sont principalement des iridoïdes, et notamment l’harpagoside, le principe actif qui a été le plus étudié.

Usages les plus fréquents

La scrofulaire est traditionnellement utilisée par voie orale dans le traitement symptomatique des manifestations articulaires douloureuses mineures (arthrose, tendinite, lombalgie…) On peut l’associer à la prêle, reminéralisante, qui agit sur la structure osseuse, et à la valériane, qui décontracte et combat le stress en intervenant sur la composante musculaire de la douleur. La prêle peut être remplacée par la reine des prés si la douleur est forte (avec oedème) et par le curcuma en cas de surpoids. La scrofulaire est particulièrement indiquée après des séances d’ostéopathie, de rééducation, de thermalisme ou de thalassothérapie.

Précautions d’emploi

Aucune toxicité avérée n’a été rapportée chez l’homme à ce jour. Néanmoins, à forte dose, la scrofulaire peut entraîner des nausées, des vomissements et être irritante pour l’intestin. Elle est contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez les enfants de moins de 12 ans. Et son utilisation est déconseillée en cas d’ulcère gastroduodénal et d’insuffisance cardiaque sévère. Enfin, mieux vaut l’éviter lors de la prise de warfarine (un anticoagulant) et de traitements contre les troubles du rythme cardiaque.

À savoir

Les feuilles de scrofulaire peuvent être appliquées localement sur les coups de soleil, les brûlures superficielles ou les érythèmes fessiers. Attention, elles dégagent une odeur désagréable quand on les froisse. Certains utilisent aussi sa cousine, la scrofulaire aquatique qui possède des vertus similaires et la même toxicité.

 

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À propos

Je suis spécialisée dans la gestion du stress et l’accompagnement des femmes de 40 ans à la préménopause et ménopause, mais aussi des troubles féminins.

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